PHENOTIC, au service de semences et de plantes plus résilientes
Publié le 15.09.2026
Pour comprendre un système complexe, il faut commencer par le simplifier. C'est le principe au cœur de PHENOTIC, plateforme d'expérimentation végétale rattachée à l'Institut de recherche en horticulture et semences (IRHS). Elle propose des installations de pointe pour étudier les interactions entre les plantes et leur environnement.
Comment savoir si une plante souffre de la chaleur, d'un manque d'eau ou d'un agent pathogène lorsque tous ces facteurs se combinent ? Pour répondre à cette question, les scientifiques peuvent s'appuyer sur PHENOTIC, une plateforme labellisée IBiSA qui recrée des environnements expérimentaux contrôlés. L’enjeu : observer et mesurer avec précision la réponse des plantes.
Recréer les conditions de l'expérience
Derrière les portes de PHENOTIC, plus de 8 000 m² de serres et de chambres climatiques accueillent des expérimentations sur une soixantaine d'espèces horticoles. Des pommiers aux tomates, en passant par les rosiers, chaque plante nécessite des conditions de culture spécifiques que les équipes de la plateforme maîtrisent. Température, humidité, lumière ou irrigation peuvent ensuite être ajustées avec précision. De quoi tester différents scénarios expérimentaux autrement impossibles à contrôler en plein champ.
Certaines serres, dites S2 ou S3, répondent aussi à des exigences strictes de biosécurité. Elles permettent d'étudier des microorganismes pathogènes susceptibles de menacer les cultures, tout en empêchant leur dissémination dans l'environnement. Chaque entrée et sortie de matériel est contrôlée, les déchets sont décontaminés, et dans les installations les plus sécurisées, même l'air est filtré avant d'être rejeté à l'extérieur. C'est ici, par exemple, que des équipes ont étudié Xylella fastidiosa – une bactérie qui a ravagé les oliviers en Italie – avant même son éventuelle arrivée sur le territoire français.
Faire parler les plantes
Reproduire des conditions expérimentales ne constitue que la première étape. Encore faut-il mesurer rigoureusement la réponse des plantes. Or, les réponses des végétaux présentent une forte variabilité. Pour distinguer un véritable effet d'une simple variation naturelle, il faut souvent analyser des centaines, voire des milliers d'individus. Impossible, dans ces conditions, de se contenter d'observations visuelles réalisées plante après plante.
C'est là qu'interviennent les outils de phénotypage développés par PHENOTIC. Ils permettent de mesurer automatiquement les caractéristiques observables des plantes sur l’ensemble de leur cycle de développement, depuis la semence jusqu’à la plante entière. Ces instruments mettent en jeu des systèmes robotisés et des techniques d'imagerie axées sur la couleur, la fluorescence de la chlorophylle ou la reconstruction tridimensionnelle, donnant accès à des données sur la taille, la croissance ou l'architecture des plantes. Résultat : des observations standardisées permettant de comparer plus finement des variétés, des conditions de culture ou encore l'agressivité de différentes souches de pathogènes.
Vers des cultures durables
En révélant pourquoi une variété résiste mieux qu'une autre ou comment plusieurs stress affectent les plantes, les données produites par PHENOTIC aident les scientifiques à imaginer de nouvelles stratégies durables de protection des cultures. Elles soutiennent ainsi l'émergence de solutions compatibles avec les principes de l'agroécologie. Autrement dit, des solutions qui privilégient les mécanismes naturels aux traitements chimiques.
Et à mesure que le changement climatique multiplie chaleurs et sécheresses, il redessine aussi les rapports entre plantes et pathogènes. C'est ce que certaines serres de la plateforme permettent déjà d'anticiper. En jouant sur la température ou la concentration en CO₂, elles contribuent à tester l'adaptation des cultures aux conditions de demain.
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